La lecture de ce roman volumineux et sombre est une aventure en soi. Il faut surtout prendre le temps de s’y plonger, idéalement pendant une période de vacances, car ce livre demande une immersion totale. Nous nous situons à la fin du XIXᵉ siècle, quelque part dans une petite ville de province en France. Charles, un médecin aliéniste, y vit avec Thalia, la sœur névrosée d’une célèbre famille de clowns, les Helquin. Tout au long du roman, ils se racontent des histoires. Charles a fait, dans le train, une rencontre particulièrement inquiétante avec Alastair, le plus jeune des frères Helquin. Thalia, quant à elle, évoque sa relation avec Charles. Les chapitres alternent selon le point de vue du narrateur (Alastair, Thalia). Le titre du roman fait référence aux jeunes filles qui, lors des spectacles de cirque, vendaient une sorte de petites gaufres ( les « oublies » ) en criant : “Oublies ! Oublies ! Qui désire l’oublie ? Ça fait plaisir, ça fait mourir.” Mais le mot « oublie » pourr...
Un véritable coup de cœur pour moi, ce beau roman de Ramsès Kefi ! Au début, il faut un peu s’habituer au langage — de l’argot, et plus précisément du street slang — mais, grâce à Google, on peut tout comprendre, et il est même agréable d’apprendre un nouveau langage. Le quartier ouvrier, appelé La Caverne (et qui est fictif), est en effet un véritable « personnage » du roman. Kefi nous raconte l’histoire d’une communauté qui vit relativement en paix et qui possède ses propres habitudes et codes. La disparition de la « mama » bouleverse la vie de Salmane et de son père Hédi. Mais pourquoi Amani est-elle partie ? Une véritable quête commence. Peu à peu, Salmane découvre l’histoire de sa famille… Le récit est plein de tendresse et de petites émotions. Les personnages sont attachants. J’aime aussi beaucoup le style de Kefi : il y a de la poésie dans son écriture. Avec peu de mots, il parvient à créer tout un univers touchant. On pourrait dire que la fin est peut-être un ...