Doorgaan naar hoofdcontent

Posts

Jacqueline Harpman - Moi qui n'ai pas connu les hommes

  Ce livre de l’auteur belge Jacqueline Harpman, paru dès 1995 et devenu un best-seller international, a été pour moi une véritable découverte. Quelle excellente initiative de le rééditer et de le remettre en lumière dans les médias (une adaptation cinématographique est d’ailleurs prévue cette année). Je regrette aussi de n’avoir jamais entendu parler auparavant de cette écrivaine : nous négligeons décidément trop souvent notre propre patrimoine culturel belge. Il s’agit d’un roman haletant, à la frontière de la science-fiction et du thriller. Et pourtant, à bien y regarder, il ne s’y passe presque rien : le vide domine, un paysage désertique, sec et désolé, sans variations climatiques notables ni événements soudains. Mais c’est précisément cette absence qui confère au roman une atmosphère oppressante, presque claustrophobique. Que s’est-il passé ici ? Où sommes-nous ? Sommes-nous encore sur la planète Terre ? Aucune réponse claire n’est donnée à ces questions. Seulement des sugges...
Recente posts

Pierre Jourde - La marchande d'oublies

  La lecture de ce roman volumineux et sombre est une aventure en soi. Il faut surtout prendre le temps de s’y plonger, idéalement pendant une période de vacances, car ce livre demande une immersion totale. Nous nous situons à la fin du XIXᵉ siècle, quelque part dans une petite ville de province en France. Charles, un médecin aliéniste, y vit avec Thalia, la sœur névrosée d’une célèbre famille de clowns, les Helquin. Tout au long du roman, ils se racontent des histoires. Charles a fait, dans le train, une rencontre particulièrement inquiétante avec Alastair, le plus jeune des frères Helquin. Thalia, quant à elle, évoque sa relation avec Charles. Les chapitres alternent selon le point de vue du narrateur (Alastair, Thalia). Le titre du roman fait référence aux jeunes filles qui, lors des spectacles de cirque, vendaient une sorte de petites gaufres ( les « oublies » ) en criant : “Oublies ! Oublies ! Qui désire l’oublie ? Ça fait plaisir, ça fait mourir.” Mais le mot « oublie » pourr...

Ramsès Kefi - Quatre jours sans ma mère

  Un véritable coup de cœur pour moi, ce beau roman de Ramsès Kefi ! Au début, il faut un peu s’habituer au langage — de l’argot, et plus précisément du  street slang  — mais, grâce à Google, on peut tout comprendre, et il est même agréable d’apprendre un nouveau langage. Le quartier ouvrier, appelé La Caverne (et qui est fictif), est en effet un véritable « personnage » du roman. Kefi nous raconte l’histoire d’une communauté qui vit relativement en paix et qui possède ses propres habitudes et codes. La disparition de la « mama » bouleverse la vie de Salmane et de son père Hédi. Mais pourquoi Amani est-elle partie ? Une véritable quête commence. Peu à peu, Salmane découvre l’histoire de sa famille… Le récit est plein de tendresse et de petites émotions. Les personnages sont attachants. J’aime aussi beaucoup le style de Kefi : il y a de la poésie dans son écriture. Avec peu de mots, il parvient à créer tout un univers touchant. On pourrait dire que la fin est peut-être un ...

Laurent Gaudé - Zem

  La lecture de la première partie de cette histoire,   Chien 51 , m’a suffisamment intrigué pour me donner envie de lire la suite. Il est en effet conseillé de lire d’abord le premier tome avant d’entamer   Zem . Le roman se lit très facilement et le suspense est bien présent. Cette dystopie n’est en réalité pas si éloignée de notre monde moderne… La fin laisse supposer que l’on peut s’attendre à une troisième partie.

Laurent Gaudé - Le Soleil des Scorta

Laurent Gaudé écrit là un très joli roman plein de tendresse et d'humanité. C'est l'histoire de la famille des Scorta, qui commence avec Luciano Mascalzone, un brigand endiablé qui sème la terreur dans la région des Pouilles, au sud de l’Italie (le massif du Gargano). Malgré la malédiction qui touche cette lignée, les descendants vivent heureux et en paix avec les habitants du petit village de Montepuccio (qui est d'ailleurs un village fictif). À la fin de chaque chapitre, la vieille Carmelia raconte son histoire, ce qui donne de l'unité au roman. J'ai beaucoup aimé cette histoire simple et très bien écrite.

Caroline Lamarche - Nous sommes à la lisière

  Caroline Lamarche, dont j’ai lu avec plaisir le roman  La fin des abeilles , signe ici quelques nouvelles simples mais magnifiques. Chaque récit révèle un lien avec une espèce animale, toujours d’une manière très surprenante. L’auteure montre ainsi à quel point nous, les humains, sommes étonnamment proches des animaux… J’ai particulièrement apprécié  Frou-Frou ,  Tich  et  Merlin . Un très beau recueil !

Carole Martinez - Dors ton sommeil de brute

  Avec ce roman, Carole Martinez signe une sorte de récit écologique, à mi-chemin entre le thriller et la fantasy. Le livre se lit avec une grande aisance et reste captivant jusqu’à la fin. Eva décide de fuir son mari violent avec sa petite fille Lucie et se réfugie dans une maison isolée en Camargue. Au cœur du silence et de la puissance de la nature, Lucie commence à rêver… Mais elle n’est pas la seule : tous les enfants vivant sur la même latitude de la planète partagent ces rêves. Ils sont accompagnés d’un chant mystérieux, une berceuse entonnée par la « mère Terre »… À travers ces songes — où certaines prédictions deviennent réalité —, la planète s’embrase. La Terre se venge-t-elle de l’humanité pour son indifférence ? Ou bien la fin du monde a-t-elle déjà commencé ? Eva fait la connaissance d’un homme qui vit non loin de là, Serge, un être marqué par un lourd drame. Proche de la nature, il semble comprendre ce qui se passe. Ensemble — avec Lucie et grâce à un peu de chamanism...