"Nos smartphones s'enrouleront autour de nos poignets, s'accrocheront comme des pin's à nos vêtements ou seront implantés dans nos corps. Nous serons en lien avec la terre entière mais nous aurons perdu la capacité de nous parler et de nous écouter.
"Nous ne serons plus capables de nous accorder sur des connaissances communes, des informations communes, ni même sur des faits simples, minimaux.
"Nous n'aurons aucune certitude, nous de saurons plus où poser notre regard, ni à qui accorder notre confiance." (p. 313)
Un soir, dans un bar d'un quartier parisien, Thomas échange par hasard son smartphone avec celui d'une jeune femme qui était assise à coté de lui. Mais est-ce par hasard? Que veut la jeune femme - qui s'appelle Romane Monnier - en confiant son téléphone à un étranger? Que cherche-t-elle?
Ce roman psychologique, incisif et pénétrant, montre comment le passé et l’enfance peuvent laisser des traces profondes dans la vie d’une personne. Jusqu’où ces marques peuvent aller. C’est d’ailleurs un thème que l’on retrouve aussi dans les autres romans de Delphine de Vigan.
Mais ce roman est avant tout une quête d’une forme de vérité pure, de transparence et d’authenticité. Peut-on encore trouver cela dans notre monde ultra-médiatisé ? Un monde dans lequel nous menons une vie parallèle à travers notre smartphone ? Où les applications et les robots finissent par orienter nos pensées et nos émotions? La génération de Romane, en particulier, semble avoir beaucoup de mal avec cette réalité et se retrouve piégée dans cette quête. Existe-t-il une issue ?
De Vigan se montre très critique envers l’influence des réseaux sociaux et des robots sur nos vies. On pouvait déjà percevoir cette réflexion dans son précédent roman, "Les enfants sont rois".
Le roman se lit avec fluidité ; le chapitre « Fragments intimes », en particulier, est très émouvant et essentiel pour comprendre pleinement l’œuvre.
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