"Jules est parti le matin du 4 août et a laissé derrière lui un vide si grand que toute la maison a semblé encore le ressentir plusieurs jours après, comme si on avait vidé tous les meubles, débarrassé toute la maison de ses buffets et de ses armoires, comme si elle avait été vidée entièrement et que maintenant elle résonnait comme une maison abandonnée ou désertée - non pas ouverte à tous les vents, ont pas comme une ruine, mais plutôt impressionnante et nue comme une sorte d'église, de cathédrale, comme si l'espace s'y était exagérément agrandi et que c'était la sensation de cet élargissement qui devait paralyser et surprendre ceux - ou plutôt celles - qui y étaient restés." (p.298/299)
Mauvignier, qui manie une plume littéraire magnifique, raconte dans ce roman volumineux l’histoire de sa famille, où les (arrière-)grands-mères jouent un rôle particulièrement important. Le récit reste captivant jusqu’à la dernière lettre et entraîne complètement le lecteur. On pourrait presque dire que l’auteur compose ici un nouveau roman à la manière de Zola, dans un style brut et réaliste. Il écrit ce qui s’est passé, rien de plus, mais entre les lignes on perçoit sa compassion.
Un roman magistral. Et d’autant plus admirable lorsque l’on apprend dans quelles circonstances Mauvignier l’a écrit…
Reacties
Een reactie posten