Un roman poignant sur une famille juive persécutée. On pourrait penser : il y a déjà tant de livres, de films... sur ce sujet, est-ce que cela peut encore captiver ? Et oui, cela continue de le faire. Nous connaissons les histoires et les images des camps de concentration. Et pourtant : à chaque confrontation, on ressent ce froid glacial. Peut-être est-ce crucial - aujourd'hui plus que jamais ? - de continuer à raconter ces histoires... "La carte postale" se divise en fait en deux grandes parties. Dans la première, Anne Berest raconte, d’un ton presque sobre et factuel, la vie de sa famille juive, la famille Rabinovitch. Elle décrit avec une précision bouleversante comment, petit à petit, selon un mécanisme lent mais terriblement efficace, les Juifs perdent leur "humanité", deviennent des "non-êtres", jusqu’à leur incinération dans un camp de concentration. Tout peut basculer si rapidement. Un instant, vous profitez du jardin avec votre famille à la campagne, et l’instant suivant, vous êtes traité comme un criminel, enfermé en prison. Le calvaire de ces personnes est indescriptible, nous le savons bien. Et pourtant, la complicité de la police et de l’administration en France vous laisse stupéfait... La deuxième partie du roman se déroule à notre époque. Comment vit-on avec ce "héritage juif" ? Comment réagir quand votre enfant est encore traité de "sale juif" dans la cour de récréation ? Comment cela s’infiltre-t-il dans vos émotions, votre quotidien ? C’est une question profonde, racontée avec une grande sensibilité. J’ai aussi soudain réalisé que j’avais lu un autre livre d’Anne Berest (et de sa sœur Claire), "Gabriële"– un personnage (Gabriële Buffet, l’épouse de Francis Picabia) qui apparaît également dans ce roman. Un magnifique épopée !
Un roman typique de Foenkinos : légèrement ironique et pourtant un peu tragique, il raconte l’histoire de (l’imaginaire) Martin Hill, qui, lors du casting pour le rôle de Harry Potter, a fini deuxième favori. Cependant, il a perdu la bataille et c’est Daniel Radcliffe qui a décroché le rôle. Qu'est-ce que ça fait à un homme de rester « deuxième » ? Comment cela influence-t-il sa vie, ses affects ? Chez Martin Hill, cela dérape : il développe une phobie extrême de Harry Potter, au point que cela perturbe tout son monde émotionnel. Comme un possédé, avec l’aide de sa famille et de ses amis, il cherche un moyen de se débarrasser de son obsession. La solution arrive de manière plutôt logique, mais inattendue. Bien que l’histoire soit un peu faible – ce qui est souvent le cas dans les derniers livres de Foenkinos, dont je trouve toujours *La délicatesse* et *Les souvenirs* inégalés – le roman est néanmoins écrit avec énergie et mordant. Car c’est ce que l’auteur sait faire : ren...
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