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Cinq millions d'années et un jour - Jean-Baptise Andrea

 Un roman comique, mais aussi tragique, sur la quête des rêves et des illusions de jeunesse. Jean-Baptiste Andrea – un auteur que je veux certainement lire davantage – nous livre ici une sorte de conte moderne : quatre hommes décident de partir à la recherche d'une grotte cachée dans les hautes montagnes, où se trouveraient les fossiles d'un « dragon ». Comme c'est souvent le cas, lors de cette expéditions dangereuse, les vérités profondes émergent. Stan, le personnage principal du roman, repense aussi à son enfance difficile sous le joug de son père tyrannique. Il se souvient aussi de sa chère mère, morte trop jeune. Que va-t-il découvrir là-haut, près du glacier ? Va-t-il retrouver ses rêves d’enfant ? Ou que va-t-il y trouver, au juste ? Un livre aussi très bien écrit : des phrases courtes, percutantes et poignantes. Palpitant !


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Numéro deux - David Foenkinos

  Un roman typique de Foenkinos : légèrement ironique et pourtant un peu tragique, il raconte l’histoire de (l’imaginaire) Martin Hill, qui, lors du casting pour le rôle de Harry Potter, a fini deuxième favori. Cependant, il a perdu la bataille et c’est Daniel Radcliffe qui a décroché le rôle. Qu'est-ce que ça fait à un homme de rester « deuxième » ? Comment cela influence-t-il sa vie, ses affects ? Chez Martin Hill, cela dérape : il développe une phobie extrême de Harry Potter, au point que cela perturbe tout son monde émotionnel. Comme un possédé, avec l’aide de sa famille et de ses amis, il cherche un moyen de se débarrasser de son obsession. La solution arrive de manière plutôt logique, mais inattendue.  Bien que l’histoire soit un peu faible – ce qui est souvent le cas dans les derniers livres de Foenkinos, dont je trouve toujours *La délicatesse* et *Les souvenirs* inégalés – le roman est néanmoins écrit avec énergie et mordant. Car c’est ce que l’auteur sait faire : ren...

Sur les chemins noirs - Sylvain Tesson

 Sylvain Tesson décrit ici son grand périple à travers la France – du Mercantour à La Hague en Normandie. Ce voyage – qu'il entreprend en réalité comme une forme de « réhabilitation » suite à un accident – le mène délibérément à la recherche des « chemins noirs », ou comme il l’écrit lui-même (p. 33) : « C’étaient mes chemins noirs. Ils ouvraient sur l’échappée, ils étaient oubliés, le silence y régnait, on n’y croisait personne et parfois la broussaille se refermait aussitôt après le passage. »  Mais il s'agit de plus que cela ; à la page 35, il écrit : « Un rêve m’obsédait. J’imaginais la naissance d’un mouvement baptisé confrérie des chemins noirs. Non contents de tracer un réseau de traverses, les chemins noirs pouvaient aussi définir les cheminements mentaux que nous emprunterions pour nous soustraire à l’époque. »  Et en effet, entre les magnifiques descriptions de paysages, Tesson fulmine contre la société moderne : contre l'industrialisation, le réseau routier, le...

Pierre Jourde - La marchande d'oublies

  La lecture de ce roman volumineux et sombre est une aventure en soi. Il faut surtout prendre le temps de s’y plonger, idéalement pendant une période de vacances, car ce livre demande une immersion totale. Nous nous situons à la fin du XIXᵉ siècle, quelque part dans une petite ville de province en France. Charles, un médecin aliéniste, y vit avec Thalia, la sœur névrosée d’une célèbre famille de clowns, les Helquin. Tout au long du roman, ils se racontent des histoires. Charles a fait, dans le train, une rencontre particulièrement inquiétante avec Alastair, le plus jeune des frères Helquin. Thalia, quant à elle, évoque sa relation avec Charles. Les chapitres alternent selon le point de vue du narrateur (Alastair, Thalia). Le titre du roman fait référence aux jeunes filles qui, lors des spectacles de cirque, vendaient une sorte de petites gaufres ( les « oublies » ) en criant : “Oublies ! Oublies ! Qui désire l’oublie ? Ça fait plaisir, ça fait mourir.” Mais le mot « oublie » pourr...